Molière
Œuvres Chronologie Molière de A à Z Molière et Pézenas
Médiathèque
Bibliographie Filmographie Iconographie Actualités Liens Contact

Molière de A à Z

Scène

Nous serions aujourd’hui étonnés de voir dans quelles conditions jouaient les comédiens. La scène est mal éclairée au moyen de chandelles — qui fument parfois —, ce qui oblige l’acteur à jouer devant la rampe. Elle est en outre de petites dimensions, puisqu’il s’agit souvent d’une salle de jeu de paume, et que, de surcroît, elle est encombrée de spectateurs, en général des personnes de qualité. La gêne que cet usage entraîne révolte les amateurs de théâtre. L’abbé de Pure rapporte, à cet égard, une anecdote plaisante et d’autant plus vraisemblable que les acteurs portaient des costumes de leur époque qui ne les différenciait pas des spectateurs : « Combien de fois sur ces morceaux de vers : “mais le voici... mais je le vois...” a-t-on pris pour un comédien et pour le personnage qu’on attendait, des hommes bien faits et bien mis qui entraient alors sur le théâtre et qui cherchaient des places après même plusieurs scènes déjà exécutées ? » Cet usage malheureux perdurera jusqu’au XVIIIe siècle : en 1759, alors que Voltaire et Le Kain ne cessent de réclamer la libération de l’espace occupé par les banquettes pour permettre le déploiement de la mise en scène, le comte de Lauraguais, passionné de théâtre, offre l’argent nécessaire à leur disparition et à la construction de petites loges superposées, de part et d’autre de la scène, qui n’empiètent pas sur l’aire de jeu.