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La Gloire du Val-de-Grâce

Notice


LA GLOIRE DU DÔME DU VAL-DE-GRÂCE
POÊME SUR LA PEINTURE DE M. MIGNARD
PAR M. MOLIÈRE EN L’ANNÉE 1669.

En décembre 1657 en Avignon, Molière et Madeleine Béjart se lient avec le peintre Pierre Mignard, de retour d’Italie. Une profonde sympathie naît entre eux et, devenu un ami proche du poète, Mignard en fera plusieurs portraits, veillera à l’exécution des dernières volontés de Madeleine Béjart, et prendra soin, à la mort du poète, de sa fille Madeleine-Esprit. Molière lui dédie, pour sa part, un long poème de trois cent-soixante-six vers, La Gloire du Val-de-Grâce, car le peintre a décoré la coupole de ce bâtiment, fondé par la reine-mère, Anne d’Autriche. Il s’agit là de la plus grande fresque du monde, qui représente, dans une gloire, la reine offrant cette église à Dieu, entourée de plus de deux cents personnages.

Le panégyrique du dôme du Val-de-Grâce prend place dans une querelle propre au monde de la peinture. Il semble répondre à un poème dans lequel Perrault, premier commis de Colbert pour les bâtiments, a chanté les louanges de Le Brun, le rival de Mignard, qui règne de manière quelque peu despotique sur la décoration des bâtiments royaux. Mignard a été sommé de se ranger, au sein de l’Académie royale de peinture, sous les ordres de Le Brun, et Molière soutient visiblement l’attitude indépendante de son ami.

Le poète ne se borne pas, ce serait une solution de facilité, à décrire la fresque ; il rédige « un traité complet de peinture », selon Boileau, fort sensible en l’occurrence à la qualité de la versification, qui développe ce parallèle judicieux : « Dans ce poème sur la Peinture, il a travaillé comme les peintres à l’huile qui reprennent plusieurs fois le pinceau pour retoucher et corriger leur ouvrage, au lieu que, dans ses comédies où il fallait beaucoup d’action et de mouvement, il préférait les brusques fiertés de la fresque à la paresse de l’huile. »

Ainsi, en donnant à cette occasion une preuve de la qualité de son amitié, Molière se révèle à la fois pédagogue averti — dans le genre d’ordinaire ingrat de la poésie didactique —, et surtout remarquable critique d’art.