Molière
Œuvres Chronologie Molière de A à Z Molière et Pézenas
Médiathèque
Bibliographie Filmographie Iconographie Actualités Liens Contact

Molière de A à Z

Décor

La technique du décor a beaucoup évolué en quelques décennies. Dans le premier tiers du siècle, on continue d’utiliser le décor multiple, issu du théâtre médiéval, qui ménage sur la scène plusieurs compartiments, ou « mansions », représentant l’un des lieux de l’action, qu’un panneau coulissant peut masquer ou dévoiler selon les cas. Cette juxtaposition de lieux divers peut surprendre, et l’abbé d’Aubignac, le célèbre théoricien du genre dramatique, rapporte qu’on peut ainsi voir « la France dans un coin du théâtre, la Turquie dans l’autre et l’Espagne au milieu. » Les comédiens se placent donc devant le compartiment correspondant au texte qu’ils ont à dire. Par la suite, sous l’influence de la célèbre règle des trois unités, la notion de lieu se resserre, surtout dans le genre sérieux, et l’on s’en tient au décor unique, qu’on a appelé le « palais à volonté », car l’esthétique classique attache de moins en moins d’importance, dans le genre tragique, au côté spectaculaire du décor, afin de privilégier l’envoûtement du spectateur au moyen du seul langage, contrairement à ce qui se passe dans les pièces à machines. Alors que nous avons une idée de ce qu’étaient les décors de l’Hôtel de Bourgogne, grâce au mémoire de Mahelot, nous ignorons malheureusement tout de ceux que réalisèrent Mathieu, puis Jean Crosnier pour la troupe de Molière. Nous ne possédons qu’un mémoire de 1664 relatif à Dom Juan, document d’autant plus précieux qu’il montre que cette pièce n’a pas été écrite aussi vite qu’on l’a dit pour remplacer à l’affiche Le Tartuffe dont la représentation avait été interdite, mais que Molière l’a méditée à loisir.