Molière
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Molière de A à Z

Caractère

Molière possède un caractère avenant et agréable qui suscite la sympathie de tous, comme l’attestent divers témoignages, dont celui du musicien Dassoucy, que notre poète héberge longuement à Pézenas, ou de son ami Vivot qui, l’ayant sans doute retrouvé à la Cour, après le retour de la troupe à Paris, écrit dans la Préface de l’édition de 1682 :

Ainsi il se fit remarquer à la cour pour un homme civil et honnête, ne se prévalant point de son mérite et de son crédit, s’accommodant à l’humeur de ceux avec qui il était obligé de vivre, ayant l’âme belle, libérale : en un mot, possédant et exerçant toutes les qualités d’un parfait honnête homme [voir honnêteté]. Quoiqu’il fût très agréable en conversation lorsque les gens lui plaisaient, il ne parlait guère en compagnie, à moins qu’il ne se trouvât avec des personnes pour qui il eût une estime particulière : cela faisait dire à ceux qui ne le connaissaient pas qu’il était rêveur et mélancolique.

Autre trait sympathique, il est parfaitement désintéressé, fait de nombreuses aumônes aux pauvres et des libéralités à ses amis, ce que lui permettent ses revenus. Dans son travail, une anecdote nous le présente comme un créateur d’une rare exigence, qui ne paraît jamais satisfait ; quand Boileau écrit à son sujet, dans la Deuxième Satire :

Et toujours mécontent de ce qu’il vient de faire,
Il plaît à tout le monde et ne saurait se plaire,
Molière, rapporte Brossette, le félicite aussitôt : « Voilà la plus belle vérité que vous ayez jamais dite. » Il tient, d’autre part, le plus grand compte des jugements du public et aussi du parterre, comme le rappelle Chappuzeau : « Enfin il avait tant de zèle pour la satisfaction du public, dont il se voyait aimé, et pour le bien de sa troupe qui n’était soutenue que par ses travaux, qu’il tâcha toute sa vie de leur en donner des marques indubitables. »

Cependant, frappé par la maladie vers 1664, et marqué par l’affaire du Tatuffe, Molière souffre d’une sorte de dépression nerveuse qui altère son humeur et le jette dans de violentes colères, ainsi que l’écrit Grimarest : « Une fenêtre ouverte ou fermée un moment devant ou après le temps qu’il l’avait ordonné, mettait Molière en convulsion ; il était petit dans ces occasions. Si on lui avait dérangé un livre, c’en était assez pour qu’il ne travaillât de quinze jours. »