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Le Ballet des Muses

Acte 1

BALLET DES MUSES

PASTORALE COMIQUE
MÉLICERTE
LE SICILIEN OU L’AMOUR PEINTRE

BALLET DES MUSES

DANSÉ PAR SA MAJESTÉ
EN SON CHÂTEAU DE SAINT-GERMAIN-EN-LAYE
LE 2 DÉCEMBRE 1665

ARGUMENT

Les Muses, charmées de la glorieuse réputation de notre monarque, et du soin que sa majesté prend de faire fleurir tous les arts dans l’étendue de son empire, quittent le Parnasse pour venir à sa cour.
Mnémosyne [1] qui, dans les grandes images qu’elle conserve de l’antiquité, ne trouve rien d’égal à cet auguste prince, prend l’occasion du voyage de ses filles pour contenter le juste désir qu’elle a de le voir, et, lorsqu’elles arrivent ici, fait avec elles l’ouverture du théâtre par le dialogue qui suit.

DIALOGUE
DE MNÉMOSYNE ET DES MUSES

Mlle Hilaire

MNÉMOSYNE

Enfin, après tant de hasards,
Nous découvrons les heureuses provinces
Où le plus sage et le plus grand des princes
Fait assembler de toutes parts
La gloire, les vertus, l’abondance et les arts.

LES MUSES

Rangeons-nous sous ses lois ;
Il est beau de les suivre :
Rien n’est si doux que de vivre
À la cour de LOUIS, le plus parfait des rois.

MNÉMOSYNE

Vivant sous sa conduite,
Muses, dans vos concerts,
Chantez ce qu’il a fait, chantez ce qu’il médite,
Et portez-en le bruit au bout de l’univers.
Dans ce récit charmant faites sans cesse entendre
À l’empire français ce qu’il doit espérer,
Au monde entier ce qu’il doit admirer,
Aux rois ce qu’ils doivent apprendre.

LES MUSES

Rangeons-nous sous ses lois ;
Il est beau de les suivre :
Rien n’est si doux que de vivre
À la cour de LOUIS, le plus parfait des rois.

Tous les Arts établis déjà dans le Royaume, s’étant assemblés de mille endroits pour recevoir plus dignement ces doctes filles de Jupiter, auxquelles ils croient devoir leur origine, prennent résolution de faire en faveur de chacune d’elles une entrée particulière. Après quoi, pour les honorer toutes ensemble, ils représentent la célèbre victoire qu’elles remportèrent autrefois sur les neuf filles de Piérus.

LES NEUF SŒURS

MUSES CHANTANTES : MM. Legros, Fernon l’aîné, Fernon le jeune, Lange, Cottereau ; Saint-Jean et Buffeguin, pages de la musique de la chambre ; Auger et Luden, pages de la chapelle.

LES SEPT ARTS

MM. Hédouin, Destival, Gingan, Blondel, Rebel, Magnan et Gaye.

PREMIÈRE ENTRÉE

Pour Uranie, à qui l’on attribue la connaissance des cieux, on représente les Sept Planètes, de qui l’on contrefait l’éclat par les brillants habits dont les danseurs sont revêtus.

JUPITER, LE SOLEIL, MERCURE, VÉNUS,
LA LUNE, MARS ET SARTURNE, les Sept Planètes.

LE SOLEIL : M. Cocquet. JUPITER : du Pron. MERCURE : Saint-André. VÉNUS : Des-Airs l’aîné. LA LUNE : Des-Airs galant. MARS, M. de Souville. SATURNE : Noblet l’aîné.

DEUXIÈME ENTRÉE

Pour honorer Melpomène, qui préside à la Tragédie, l’on fait paraître Pyrame et Thisbé, qui ont servi de sujet à l’une de nos plus anciennes pièces de théâtre [2] .

PYRAME ET THISBÉ

Pyrame : M. le Grand. Thisbé : le marquis de Mirepoix.

TROISIÈME ENTRÉE

Talie, à qui la comédie est consacrée, a pour son partage une pièce comique représentée par les comédiens du roi, et composée par celui de tous nos poètes qui, dans ce genre d’écrire, peut le plus justement se comparer aux anciens.

[1] Fille d ?Uranus, déesse de la mémoire et mère des muses.

[2] Cette tragédie, composée par Théophile de Viau, le poète libertin, connut un immense succès : jouée en 1621, la pièce fut publiée en 1623 et imprimée soixante-treize fois entre 1626 et 1698. Le thème de cette pièce est celui des amours contrariées de très jeunes amants, selon une histoire tirée des Métamorphoses d ?Ovide.